FOCUS
Publié le 29/01/2026
Oyonnax est un club pionnier dans bien des domaines. Un précurseur de nombreuses tendances qui inspirent souvent le rugby français. La première, et la plus connue, est l’invention du fameux chant : « Ici, ici c’est… ». La deuxième, toute aussi retentissante, concerne le choix de la pelouse synthétique. Une révolution, finalement, somme toute logique quand on connait les versants de l’économie locale dans un massif jurassien surnommé la « Plastics Vallée ». Ce surnom, l’Ain et le Jura le doivent à une concentration importante d’entreprises liées à l’industrie du plastique, secteur d’activité qui a émergé dans ce coin de France dès le XIXe siècle. Luttant souvent contre le froid et la neige, joueurs et jardiniers ont souvent eu fort à faire avec la qualité du gazon de Charles-Mathon. Un facteur compliquant le jeu mais qui a eu aussi l’avantage d’en faire « un seizième homme » par moment quand toutes les équipes réputées « joueuses » venaient s’y embourber, sans solution.

Le match du titre de 2013, contre Béziers, c'était joué dans des conditions difficiles pour un 27 avril…
En 2015, l’implantation de cette pelouse a donc impliqué une multitude de changements. Tout d’abord les sensations. Vitesse de jeu, appuis vifs, rebonds des foulées… Une telle surface accélère le rugby provoquant une accélération des sorties de balles et la transfiguration de la manière de jouer. Ainsi, il y a eu l’Oyonnax avant et après synthétique, l’équipe de l’Ain devant faire muter son rugby historiquement axé sur le défi et la conquête à l’évitement et la technique. Cette transition va prendre du temps, d’ailleurs à l’issue de la première saison de l’ère « synthétique » l’USO redescend en PRO D2 après 3 saisons en TOP 14. Lors de l’exercice suivant les Oyomen sont champions de deuxième division, remontée illico avant de voir le club de l’Ain osciller entre l’élite et son antichambre.

Lors du passage au synthétique Oyonnax a dû repenser sa manière de jouer historiquement basée sur la conquête et le défi
Pionnier de l’usage du synthétique en France, Oyonnax a été l’instigateur d’un mouvement qui a rapidement gagné l’hexagone. Il faut dire qu’entre les couts d’entretien, la dimension écologique (nécessite moins d’arrosage) et la possibilité de faire jouer toutes les catégories ou d’organiser des événements, cette surface est un véritable atout. La tendance est née dans les années 60 aux Etats-Unis, à Houston où les franchises de baseball et de football US de la ville lancent une innovation qui va se développer lors de la décennie suivante. Au rugby, les Cardiff Blues et les Saracens sont les premiers à s’en équiper, tous les avantages de ce gazon vont ensuite être expérimenté par Oyonnax. Aujourd’hui, entre le TOP 14 et la PRO D2, ils sont 9 à être dotés d’un « synthé ». Le Racing 92, le LOU, Montauban, le SAXV, Mont-de-Marsan, l’USON, Provence et Biarritz (le dernier en date) ayant rejoint la révolution initiée dans l’Ain il y a 10 ans.