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Au cœur des stades PRO D2

Maurice-Boyau, le stade qui porte le nom d'un héros

Maurice-Boyau, le stade qui porte le nom d'un héros

Publié le 22/08/2026

À Dax, le stade de l'US Dax ne rend pas seulement hommage à un rugbyman : il honore un as de l'aviation tombé pour la France, dont la statue veille toujours à l'entrée de l'enceinte. 

 

Un troisième ligne devenu as de l'aviation 🎖️

Avant de prêter son nom au stade, Maurice Boyau a d'abord porté le maillot rouge et blanc de l'US Dax. Formé au poste de troisième ligne aile, il évolue sous les couleurs dacquoises de 1907 à 1909, avant de rejoindre le Stade bordelais puis de connaître une sélection en équipe de France. Une carrière sportive brève mais suffisante pour marquer les esprits d'une ville tout entière tournée vers l'ovalie.

Devenu pilote de chasse durant la Première Guerre mondiale, il s'impose comme l'un des as de l'aviation française avant de tomber au combat en 1918. Dès 1924, une statue de bronze le représentant en tenue d'aviateur est érigée en son honneur dans un parc de la ville, avant d'être déplacée sur l'enceinte du Parc municipal des sports. C'est entre 2000 et 2001 seulement que le stade, ouvert en 1958, est officiellement rebaptisé en son honneur, faisant de Maurice Boyau l'un des rares noms de stade français à unir dans une même mémoire le rugby et le sacrifice militaire.

 

Un grand stade dans les cartons, plusieurs rénovations bien réelles 🏗️

L'histoire récente de Maurice-Boyau est aussi celle d'un chantier resté longtemps entre rêve et réalité. Dès 2006, l'US Dax et la ville imaginent un grand stade flambant neuf ; le projet capote finalement au fil des recours judiciaires, avant que la municipalité ne se recentre sur une rénovation, bien réelle celle-là, de l'enceinte historique :

🏛️ 1937 - Naissance du projet, lorsque le conseil municipal choisit le terrain de la Pedouille pour y bâtir un espace sportif

🎉 1958 - Inauguration du Parc municipal des sports, à l'occasion d'un match de sélection nationale entre France III et France IV

🏉 1960 - Premier grand rendez-vous rugbystique, avec la demi-finale du Challenge Yves-du-Manoir entre le FC Lourdes et la Section paloise

🖼️ 2000-2001 - Le stade prend le nom de Maurice-Boyau, en hommage au champion et héros de guerre dacquois

📐 2009 - Lancement d'un projet de grand stade, envisagé aux côtés de Vinci et Redeim, avant d'être définitivement abandonné après plusieurs années de recours

🆕 2018-2019 - Construction de la nouvelle tribune présidentielle, livrée après la démolition de l'ancienne tribune de face, portant la capacité du stade à un peu plus de 7 200 places

🧹 2021 - Destruction du jaï-alaï et de la piscine municipale voisins, pour libérer du foncier autour de l'enceinte

🔧 2023-2024 - Nouveaux aménagements pour le retour en PRO D2, avec vestiaires agrandis, espace loges partenaires et rénovation complète de la tribune d'honneur, désormais équipée de sièges individuels

Aujourd'hui homologué pour un peu plus de 7 100 spectateurs, bien loin des 16 170 places qu'affichait autrefois sa vaste zone de pesage entourant la piste d'athlétisme, Maurice-Boyau a fait le choix d'une enceinte resserrée mais aux normes professionnelles, à l'image du club qu'elle accueille.

Les guichets de Maurice-Boyau, en 2012

 

Un stade qui a vu passer les Bleus et les grandes affiches 🔥

Malgré sa taille modeste, Maurice-Boyau a connu son lot de grands rendez-vous. En 1994, c'est sur sa pelouse que se joue la finale du Challenge Yves-du-Manoir entre l'AS Montferrand et l'USA Perpignan. Le stade dacquois a également dépanné à deux reprises le Biarritz olympique, contraint d'y disputer des matchs de TOP 14 pendant les travaux d'agrandissement de son propre stade d'Aguiléra. Plus surprenant encore, l'équipe de France de rugby y a disputé en 1985 une rencontre face au Japon, conclue sur un large succès des Bleus, même si la partie n'a jamais été reconnue comme match officiel par les instances internationales.

Le stade a aussi été le théâtre de la finale du championnat d'Europe des moins de 18 ans en 2007, opposant la France à l'Irlande. Mais c'est bien la statue de Maurice Boyau, dressée à l'entrée de l'enceinte, qui rappelle le mieux l'esprit du lieu : celui d'un stade populaire, fidèle à la mémoire d'un enfant du pays devenu, tour à tour, international de rugby et héros de l'aviation française.